Cependant le loup continuait sa course et piquait droit sur Moynat et Mildet, les deux meilleurs tireurs de toute l’inspection. Tous les deux firent feu de leur premier coup dans la plaine, de leur second coup sous bois. On vit les deux premiè-res balles se croiser et sillonner la neige en la faisant rejaillir. De ces deux premières balles le loup n’avait pas été touché, mais sans doute il était tombé sous les autres.
Il était inouï que les deux gardes qui venaient de faire feu manquassent leur coup. J’avais vu tuer à Moynat dix-sept bé-cassines de suite. J’avais vu Mildet couper en deux un écureuil qui sautait d’un arbre à l’autre. Les gardes avaient suivi le loup sous bois. Nous regardions, haletants, l’endroit où ils avaient disparu. Nous les vîmes reparaître l’oreille basse et hochant la tête.